et il
est temps je crois de le dire. D'ouvrir ce portail
d'impatience.
Certains d'entre vous le savent déjà, d'autres vont l'apprendre. Il
s'agit de ma situation géographique. Il n'y a plus de
Turquie.
Prenez 5 minutes
Puis, il n'y a plus de sacoches, ni de rustines. Il n'y a plus de
tente non plus. Alors quoi? Le voyage est-il fini? Y a t-il
réellement une fin à la grande entreprise qui m'a tant fait
grandir?
Il y a eu, un changement de destination, il y a eu une autre
proposition de voyage. Il y a eu une chance, que j'ai choisis de
saisir.
Etrangement son nom ne sonnera pas comme tous les derniers noms
cités aux milles consonnes, qui sonnaient tant l'Orient,
l'Ailleurs, le souffle du monde.
BrUsseLs
L'écrire ainsi lui donne du corps et c'est ce qu'il faut donner à
cette ville. Oui je prends le temps de dire, je prends le temps de
dire ce que j'ai eu bien du mal à accepter dans les premiers temps.
Une rencontre en Bulgarie, qui me parle d'une école de théâtre,
particulière, proche de ma vision du monde, une âme qui peut-être a
senti mon appétit d'apprendre s'étioler dans mes pédales, une âme
que je remercie tant d'être apparue à ce moment là de mes
réflexions.
Une école de théâtre donc, et m'y voila déjà, depuis trois
semaines. Un retour de Turquie improvisé, que j'avais tant voulu
cycliste, il fut au moins auto-stoppeur, sans train ni avion, ni
bateau, ni tout ce qui donne ce gout de gribouillon à un dessin si
lentement et précisément dessiné.
Au bord de tous ce que j'étais, la sensation que ce que je
cherchais n'étais plus si assurément devant moi. La sensation que
mon trajet jusqu'en Turquie était peut-être non pas le début d'une
longue errance mais le tremplin, l'exploit personnel nécessaire à
enfin réaliser LE rêve, que la peur et seule la peur m'empêchait de
réaliser.
Apprendre à s'apprécier pour ce dont on est capable et enfin se le
dire non pas juste pour sa chevelure; "je le vaux bien".
Aujourd'hui heureuse de ma décision, heureuse et si pleine de ce
que j'ai vécu, j'atterris dans un milieu que je ressens évidemment
austère mais que je découvre ici, à Brussels plein de nouvelles
promesses. Et le nouveau défi, que je réussi à merveille dans toute
la chance que je connais, reçois ou provoque, à rester en VOYAGE et
non pas "recommencer" quelque chose avec le goût détestable du
regret du temps passé. Rester en voyage alors que l'on se
sédentarise. C'est un vrai talent qui s'entretient. Et je crois que
c'est une recette, certainement préconisée par les philosophies
hindouistes, pour se préserver du découragement, du désespoir, de
la morosité qui habitent tant d'êtres humains.
Je ne voyage plus avec Léo, quoiqu'il reste avec moi, dort dans
l'appart où je suis hébergée généreusement pour quelques mois, me
guide chaque matin vers le Théâtre où nous travaillons désormais.
Et de l'avoir à mes cotés, avec tous les signes qui me rappellent
des personnes chères, rencontrées en route, qui me rappellent des
montagnes gravées ou des moments inoubliables pour toutes les
raisons qui sont les miennes, je reste en voyage des pieds à la
tête. Et j'utilise toutes les fabuleuses rencontres que je fais
dans cette ville inconnue, pour voyager d'une vie à l'autre comme
il me semble ne l'avoir jamais fais avant. Aussi intensivement,
avec autant de conviction et d'intensité dans mon désir de
l'Autre.
Une ville, un pays, bien proche du mien apriori et pourtant,
l'impression d'être loin. Ce plaisir d'être une expatriée de
nouveau, de vivre à nouveau dans un ailleurs et de le désigner
comme chez moi.
Désormais, un projet, une envie immense de mettre en mots ce que
j'ai vécu. Mais l'hésitation, la difficulté encore d'y croire
vraiment. Avec vous j'ai partagé, beaucoup, vous avez eu ce
privilège de voir en moi fleurir une passion pour l'écriture qui a
su nous lier. Mais désormais, alors qu'enfin j'ose regarder la
question dans les yeux, Qui suis-je et de quoi suis-je capable? Je
vois mon carnet, mes beaux crayons qui m'attendent et une certaine
adrénaline m'envahit et me dit d'y aller. D'aller par là. Avec le
théâtre, pourquoi pas aussi, un peu d'écriture. Et commencer par un
récit, ce récit que vous connaissez déja, un peu. Mais il y a
encore tant à en dire.
Une attente voulue pour vous dire tout ça.
Etre prête à dire, le mouvement burlesque du jeté. Le jeté de la
tricoteuse, le jeté à l'élastique, simplement l'acte de se jeté et
d'annoncer bien fort : Je me jette et je NE SAIS PAS où se trouve
l'atterrissage.
Merci
d'être là, encore.
Et parce que ce blog est la trace si intime d'une part de ma vie,
je continuerai. Je continuerai car vous êtes ou bien vous avez été,
les premiers lecteurs de mon désir d'expression.
Parce
qu'un mot est un souffle, un appel.
Et que vous étiez là.
Et que des choses à dire, il y en aura toujours, car la réflexion est une manière d'être en perpetuelle révolution entre la fatalité de l'existence et tout ce qui reste à vivre.
Merci














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